Chapitre 1 Concepts generaux appliques a lenseignement

Publié le par NGONO

CHAPITRE 1 : LES CONCEPTS GÉNÉRAUX APPLIQUÉS À L’ENSEIGNEMENT APPRENTISSAGE

 

L’enseignementvient du mot latin insignare qui veut dire faire connaître. Ce terme peut être défini comme l’ensemble des influences, des événements planifiés, sélectionnés pour initier, activer et soutenir l’apprentissage chez l’humain, Gagne (1976) cité par G. Tsafack (2004). Pour le rendre efficace, des théoriciens en éducation s’accordent pour regrouper les modèles de l’enseignement et de l’apprentissage selon quatre courants : le courant béhavioriste, le courant cognitiviste, le courant constructiviste et le courant socioconstructiviste.

1.1        LE BEHAVIORISME. 3

1.2        LE COGNITIVISME. 4

1.3        LE CONSTRUCTIVISME. 5

1.4        LE SOCIOCONSTRUCTIVISME. 6

LE BEHAVIORISME

                    Le courant béhavioriste fonde sa théorie de l’apprentissage sur l’association entre un événement du monde et une réponse motrice. « Une action qui produit un résultat désirable sera probablement répétée dans des circonstances similaires » selon Thorndike,( 1898).Deux types principaux d’apprentissage par association ont été développés par les béhavioristes :

Le conditionnement classique ou le conditionnement opérant.

 Il est défini par Pavlov (1849–1936),  l’apprentissage est fondé sur le déclenchement d’une réponse motrice à partir d’un stimulus conditionnel.

Dans le conditionnement opérant défini par Burrhus F. Skinner (1983),  l’apprentissage peut être obtenu par l’utilisation de récompenses appelées « renforcements positifs » et de punitions appelées « renforcements négatifs ». L’individu adopte un comportement lui permettant d’éviter les renforcements négatifs et d’augmenter la probabilité de renforcements positifs. Cette procédure s’appelle « conditionnement opérant » : c’est le comportement qui opère sur l’environnement.

Béhaviorisme et pédagogie

Dans  son ouvrage « La révolution scientifique de l’enseignement » Skinner déduit  la théorie du conditionnement opérant  en quatre grands principes pédagogiques :

l’apprentissage consiste en la mise en place d’un comportement nouveau en réponse à un stimulus,

distribution de renforcements positifs permettant la mise en place d’une réponse adéquate,

décomposition du contenu d’apprentissage en un maximum d’unités d’enseignement assurant une progression séquentielle du plus simple vers le plus compliqué,

prise en compte des différences interindividuelles principalement quant à la célérité d’apprentissage (individualisation).

Aujourd’hui, même si le modèle comportementaliste reste pertinent pour des apprentissages ne mettant en jeu que des activités automatiques , il reste limité dans le cas d’apprentissages complexes comme ceux du comportement .Aussi la psychologie du comportement est devenue psychologie cognitive, se préoccupant d’avantage de savoir ce qui se passe dans la « boîte noire », au niveau mental, sans que soit abandonnée, pour autant, la méthodologie rigoureuse de l’observation et de l’expérimentation que lui avaient offert les béhavioristes.

LE COGNITIVISME

 Pour les cognitivistes, l'apprenant est un système actif de traitement de l'information, semblable à un ordinateur : il perçoit des informations qui lui proviennent du monde extérieur, les reconnaît, les emmagasine en mémoire, puis les récupère de sa mémoire lorsqu'il en a besoin pour comprendre son environnement ou résoudre des problèmes. En effet, de manière très simplifiée, les chercheurs en psychologie cognitive attribuent les grandes composantes suivantes au système humain de traitement de l'information :

Système d'enregistrement sensoriel. L'élève reçoit des stimuli visuels, auditifs, tactiles, olfactifs, etc. provenant de l'environnement,

Mémoire à court terme. L'information perçue est transférée dans une mémoire à court terme, qui a une durée et une capacité très limitée,

Mémoire à long terme. L'information est ensuite emmagasinée dans cette mémoire permanente et de capacité illimitée. Des processus de récupération de l’information lui permettront par la suite de retrouver des informations dans cette « base de connaissances ».

Utilité pédagogique

Dans le principe pédagogique les cognitivistes participent à :

aider l’apprenant à sélectionner et à encoder l’information lui provenant de l’environnement, par exemple, en l’encourageant à utiliser le soulignement pour identifier les idées importantes dans un texte, en lui enseignant des stratégies mnémoniques ou des stratégies d’élaboration, en lui présentant des schémas organisateurs au moment d’aborder un nouveau contenu, en l’aidant à faire des liens avec ses connaissances antérieures, en lui présentant un nouveau contenu dans de multiples contextes, etc.;

 organiser et intégrer cette information, en lui présentant des cartes cognitives, en l’aidant à se former des images mentales significatives, en lui demandant de produire des résumés, etc...

 recouvrer des informations de sa mémoire à long terme en lui fournissant, par exemple, divers indices.

De plus, la méthode d’enseignement favorisée laisse place à de multiples cheminements d’apprentissage afin de tenir compte des différentes variables individuelles pouvant influencer la manière dont les élèves traitent l’information.

LE CONSTRUCTIVISME 

Pour Jean Piaget(1913) le modèle constructiviste privilégie le sujet, comme acteur volontaire du processus d'apprentissage. Il a pour objet l'adaptation du sujet au monde, à son environnement. Le contextedu sujet joue donc un rôle déterminant. C'est la confrontation de la personne au monde qui va, par adaptations successives, la faire progresser en intelligence et en connaissances. Le processus de construction de la pensée et de la connaissance commence par la confrontation au monde : par un processus d'assimilation, le sujet va constituer ses structures organisées de comportement (les schèmes). Ses connaissances antérieures sont déterminantes dans ce processus : ce que la personne apprend dépend de ce qu'elle sait déjà. Par un processus d'accommodation le sujet va confronter ses comportements à l'environnement, et les ajuster .Il va complexifier les schèmes qu'il a constitués. Le processus d'équilibration réunit les deux processus précédents : c'est une autorégulation, entre l'assimilation des situations nouvelles dans les structures cognitives existantes du sujet, et la transformation de ces structures pour s'adapter à des situations extérieures nouvelles. Ce processus d'ensemble assimilation-accomodation-équlibration correspond à un modèle d'homéostasie.

Les applications

La pensée piagétienne a eu de nombreux prolongements dans les pratiques pédagogiques, et les instructions officielles relatives à l'enseignement. Elle est à la base des "méthodes d'éducation actives" qui s'appuient sur l'action propre de l'enfant et sur une pédagogie de la découverte et de l'intérêt. Le rôle du professeur est alors de proposer l'environnement structuré qui permet à l'élève d'affronter des expériences qui lui permettront de construire de nouvelles structures intellectuelles. L'enseignant ne doit pas entraver ce processus en imposant des programmes d'enseignement (ceux-ci doivent s'adapter à l'élève). Il doit analyser et pratiquer l'évaluation formative, et la pédagogie différenciée.  

Le modèle piagétien porte sur le développement des structures cognitives et renvoie l'apprentissage à l'intégration de procédures et de savoirs, rendus possibles par les structures cognitives disponibles. C'est donc un processus endogène, pour lequel l'environnement social est sans influence. L'apprentissage est ainsi vu comme un processus cumulatif et linéaire, de type instructif. On est dans la vision d'un apprentissage pré-finalisé, prévisible, et qui vise strictement l'adaptation du sujet à son environnement. L'apprentissage comme construction autonome du sujet est oublié.

LE SOCIOCONSTRUCTIVISME

Selon Vygotsky (1978)),  l’idée essentielle qui fonde le socioconstructivisme est que pour comprendre l’apprenant il est nécessaire d’étudier le comportement psycho cognitif du sujet dans le contexte de ses relations et expériences familiales, éducatives, sociales, culturelles. Les facteurs sociaux constituent des éléments qui influencent la construction des capacités cognitives des sujets.

  Le concept de base du socioconstructivisme est le conflit socio cognitif : lorsque dans un groupe, des individus avaient eu à confronter leurs idées, à entrer en conflit, ils parvenaient à une meilleure progression dans leurs apprentissages individuels. Considérant que les interactions sociales sont un moteur du progrès cognitif, ils ont développé le concept de « conflit sociocognitif » qui se définit par l’hétérogénéité des réponses qui permet à l’apprenant de progresser une nouvelle construction.

Applications

Le conflit sociocognitif trouve ses applications dans les situations d’apprentissage où le formateur propose des travaux à réaliser en sous-groupes. La progression des apprentissages pour chaque membre du groupe résultera de la façon dont les membres du groupe auront travaillé ensemble, confronté leurs points de vue, leurs idées. C’est à partir de ces confrontations, en dépassant les conflits relationnels, qu’ensemble les sujets qui composent le groupe pourront réussir à construire une réponse sous forme d’un travail de coordination, de réorganisation qui aboutit à une création particulière du groupe.

Dans cette théorie c’est la pédagogie par projet (PPP) qui est utilisée par l’enseignant.  Le projet se définirait par l’activité planifiée impliquant des recherches et des résolutions de problèmes et dont le but final est de réaliser un produit concret. Cette approche permet à l’apprenant de s’impliquer activement dans un projet signifiant et collectif pour construire ses savoirs à partir de ses interactions avec ses pairs et son environnement.

L’absence du formateur sous prétexte que les participants doivent apprendre l’autonomie, Une baisse de fréquence des régulations, Le manque de rétroactions suite à une régulation, Le formateur qui fait à la place des apprenants ou qui montre comment faire, Le formateur totalement non-directif  sont des critiques à cette théorie.

En général l’enseignement couvre donc deux champs de pratiques :

Celui de la gestion de l’information, de la structuration du savoir par l’enseignant et de leur appropriation par l’élève ; domaine de la didactique.

Celui du traitement et de la transformation de l’information en savoir par la pratique relationnelle et l’action de l’enseignant en classe, par l’organisation des situations pédagogiques pour l’apprenant, c’est le domaine de la pédagogie.

La pédagogie et la didactique s'efforcent donc de réguler les différents processus de manière à rendre l'apprentissage le plus efficace possible.

Selon Jean HOUSSAYE, (1988)  le triangle pédagogique est constitué des trois côtés appelés processus. Du côté de la relation savoir professeur on trouve l’enseignement, le travail didactique de gestion de l’information. Du côté professeur élève, on retrouve l’éducation et la formation. Le processus « former », celui de la pédagogie et d’une économie de l’éducation.

Du côté élève-savoir on retrouve, le processus « d’apprentissage »

                                                       Les savoirs ou contenus de formation

 


                                                                                                 Processus apprendre

                  Processus enseigner                                                strategie d’apprentissage

                          didactique

 

                                                                                                                   

L’enseignant                                                                                               l’apprenant

                                                         Processus former

                                                                            Relation pédagogique

Figure 1 : Le triangle pédagogique de Jean Houssaye

 

Le tableau 1 résume ce que des tenants de chacune des quatre approches pourraient répondre aux questions suivantes : Qu’est-ce que l’apprentissage? Qu’est-ce qu’un apprenant? · Quel est le rôle de l’enseignant? · Qu’est-ce qu’une « connaissance »? Quelle méthode d’enseignement devrait-on privilégier? · Quels outils informatiques l’enseignant favorise-t-il?

Selon Jonassen, (1991), Le modèle éducatif le plus réaliste actuellement en milieu scolaire se situerait quelque part entre le cognitivisme et le constructivisme. Ce qui n’empêche pas qu’une approche plus béhavioriste puisse s’appliquer à l’occasion. Parfois, c'est la nature et le contexte d'apprentissage qui déterminent l'approche à privilégier plus particulièrement. C’est pour cette raison que tout au long de notre travail nous nous situerons entre ces trois approches que nous avons représentées sur le tableau.


 

Béhaviorisme

Cognitivisme

Constructivisme

Définition de

l’apprentissage

Un changement dans les

comportements

observables

Un changement dans les

structures mentales

Une activité de

construction par l’individu

dans un contexte social

Définition de l’apprenant

Un organisme passif : un

réceptacle

Un organisme actif : un

processeur d’information

Un organisme proactif : un

constructeur de

connaissances, un

décideur

Rôle de l’enseignant

Un transmetteur

d’informations

Un facilitateur

Un guide et un

provocateur

Statut des

connaissances

Une réalité externe

objective que l’apprenant

doit acquérir

Une réalité externe

objective que l’apprenant

doit intégrer à ses

schémas mentaux

Une réalité construite par chacun

Méthode d’enseignement

L’exposé, la pratique

répétée et le renforcement

Un enseignement

individualisé, interactif et stratégique

Un enseignement-soutien

Exemples d’outils

informatiques favorisés

Exerciseurs

Tutoriels

Exposés informatisés

Tutoriels intelligents

Simulations

Micromondes, simulateurs

Logiciels-outils utilisés

dans le cadre de projets

Hypermédias pour explorer

et construire ses

connaissances

Outils de communication

Tableau1 : Quelques caractéristiques des trois approches pédagogiques

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