INTRODUCTION DE L'INFORMATIQUE:MYTHE OU REALITE DANS LE SYSTEME EDUCATIF CAMEROUNAIS?

Publié le par NGONO

 

   L'informatique, est une réalité paradoxalement à la fois répandue et cachée pour la majorité de la population qui interagit quotidiennement avec des outils logiciels. L'informatique, discipline au secondaire et ensemble de savoirs intégrés dans d'autres disciplines, est un domaine dont l'influence sur l'éducation est potentiellement forte. Elle se déploie à travers les TIC et intègre le système éducatif camerounais en novembre 2001 par le président Paul Biya dans un discours à la nation toute entière.

2.1. L'informatique répond t-elle au besoin de  la pédagogie au Cameroun ?

   Les modalités d'apprentissage évoluent. Cette évolution correspond à un besoin induit par la transformation de nos sociétés et à une attente nouvelle de nos concitoyens. Elle s'appuie par ailleurs sur de nouveaux lieux et de nouveaux outils d'apprentissage. Depuis plusieurs années, les TIC constituent non seulement un nouvel outil, un nouveau média mais aussi un moyen d'ouverture sur des ressources du monde entier.

   Au Cameroun, les différents Ministères ayant en charge l'Éducation sont : le ministère de l'Éducation de Base (MINEDUB), le ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC), le ministère de l'Emploi et de Formation Professionnelle (MINEFOP), le ministère des Sports et de l'Éducation Physique (MINSEP) et le ministère de l'Enseignement Supérieur ( MINESUP). Ils connaissent diverses fortunes en ce qui concerne l'intégration de l'informatique dans leur environnement. Ainsi, notons : Dans l'Enseignement Supérieur, la filière Informatique, longtemps associée aux Mathématiques, est autonome depuis la réforme de 1993.

   À l'Éducation de Base, des études sont actuellement menées pour l'introduction progressive de l'informatique dans les établissements publics. Cependant, certaines écoles privées ont pris une bonne avance et dispensent les cours d'informatique dans certaines classes du cycle primaire.

   Dans les Enseignements Secondaires (Enseignement Technique et Enseignement Général) qui constitue la cible de notre étude, l'informatique a intégré le milieu de manière différente. Dans l'Enseignement Général, la phase d'imprégnation et de vulgarisation n'est pas encore achevée. L'initiative étant récente, les élèves présentent seulement une épreuve facultative théorique au Baccalauréat.

   Dans l'enseignement secondaire général, on ne parle de ressource et de multimédias que depuis environ cinq ans avec l'équipement et l'inauguration de centres de ressources multimédias (CRM). Ces centres sont crées au sein des lycées. Au Cameroun actuellement, c'est le secteur le mieux organisé en matière de TIC et aussi le mieux équipé. On compte des CRM opérationnels dans plusieurs lycées et collèges. L'ordinateur est ainsi utilisé par l'enseignant pour permettre aux apprenants d'acquérir un certain nombre de compétences. Il s'agit ici de compétences techniques pour permettre les interactions machine-ordinateur : compétences manipulatoires et procédurales. Nous avons remarqué dans les lycées dotées de ces outils que les ressources numériques ne sont utilisés à des fins pédagogiques que très parcimonieusement : pour enseigner, apprendre et évaluer les apprentissages ; cette situation est évoquée par M. Djeumeni Tchamabé dans son article de l'Adjectif intitulé « Le cas du Cameroun ».

   Bref, la situation est relativement meilleure ; on note quelques enseignants spécialisés dans les cours d'informatique qui sont en principe obligatoire pour tous les élèves. Les enseignants sont des enseignants titulaires dans les autres disciplines et s'intéressant à l'informatique. D'autres sont des enseignants vacataires issus pour la plupart des grandes écoles et titulaires soit d'un DUT (Diplôme Universitaire de Technologie), d'un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) ou d'une Licence en informatique.

   Plusieurs enseignants sollicitent des formations à l'IAI (Institut Africain d'Informatique) Cameroun des séminaires sont organisés pour le recyclage et la formation continue des enseignants à l'ère du numérique. Ceci peut se passer dans les CRM ou dans des cybercafés. Certains enseignants ont des adresses électroniques, ce qui leur permet d'échanger avec leurs collègues à travers le monde entier. Mais très peu sont en possession d'un ordinateur personnel. Les ordinateurs quand ils existent dans les établissements sont réservés prioritairement aux administrateurs qu'aux enseignements pratiques.

   Selon Djeumeni (2007), l'informatique est intégrée dans l'enseignement technique depuis plus d'une dizaine d'années dans tout le pays. Les enseignants de ce secteur, par rapport aux enseignants des autres secteurs, ont des représentations plus positives. Ils ont intégré plus ou moins l'ordinateur dans leur enseignement. Dans les filières de formation professionnelle sont publiés des logiciels à utiliser par les apprenants. Même si dans la plupart des cas les leçons sont théoriques faute d'équipement des établissements scolaires. Le sta t, l'expérience et le profil des enseignants de cet ordre est variable. Certains utilisent des logiciels particuliers pour leur profession pour concevoir des supports de cours. Mais l'informatique est enseignée comme discipline à part, par des enseignants qui sont tous des ingénieurs de technologie sorti de polytechnique et non des enseignants de technologie qui enseignent et font apprendre dans leur discipline particulière avec les TIC. Dans les autres ordres d'enseignement les pratiques avec les TIC varient d'une zone à une autre. On constate que En dehors de ce problème d'équipement des écoles figure en bonne place le problème des usages avec les TICE. À cet effet, Baron (2000) cité par Djeumeni, affirme : « les nouvelles technologies sont des systèmes complexes ; leur intégration à l'école se fera si l'on tient compte des différentes dimensions dans la formation des enseignants : formation technique, appropriation nécessairement longue et formation pédagogiques. »

   En résumé, l'introduction de l'Informatique dans la pédagogie au Cameroun n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Conscient du retard pris dans les TIC au service de l'Éducation, le Gouvernement de la République a entrepris, depuis quelques années, de nombreuses actions visant à combler le fossé numérique qui sépare les apprenants camerounais de ceux des pays avancés dans le domaine. Cependant, beaucoup d'efforts restent encore à faire afin d'arrimer définitivement la jeunesse scolaire au monde numérique

 

Commenter cet article